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L'Union
des Russophones de France (URF) qui regroupe des amis de la langue russe
et des russophones de toutes origines nationales et religieuses en France
deplore les evenements d'Estonie qui une fois encore aboutissent a semer
les divisions, la haine et les violences entre citoyens de l'Union europeenne
pour des raisons notamment linguistiques.
Les autorites estoniennes actuelles jugent bon pour des considerations
politiques de ravaler a un rang de citoyens de seconde zone des gens nes
sur le territoire de l'Estonie ou y vivant depuis des decennies pour des
raisons historiques independantes de leur volonte le plus souvent. Leur
seul tort est de representer une minorite linguistique dans le pays (un
tiers de la population tout de meme). C'est une situation peu compatible
avec les principes meme de l'Union europeenne et dans un pays membre du
Conseil de l'Europe.
Le geste symbolique de deplacer le monument aux soldats sovietiques qui
ont chasse avec les Allies (dont la France !) le nazisme d'Estonie, a
la veille de la commemoration de l'Armistice les 8 et 9 mai, releve incontestablement
de la provocation deliberee contre toute une partie de la population,
deja limitee dans ses droits simplement parce que sa langue maternelle
est le russe.
Quelles que soient par ailleurs les relations entre l'Estonie et la Russie
qui ne nous concernent pas, la provocation politique est d'autant plus
mal ressentie en Estonie meme et dans les pays de l'Union europeenne qui
ont eu a souffrir du nazisme que les manifestations et defiles d'anciens
combattants estoniens de la SS sont toleres avec complaisance.
La brutalite effarante et indigne de policiers qui se sont acharnes contre
des adolescents au point d'en blesser gravement plus d'une centaine nous
a choque. Le bilan affligeant de ces affrontements insenses : un mort
et quelque 500 blesses n'est pas digne d'une democratie moderne. La provocation,
l'inequite et l'atteinte aux droits elementaires d'une minorite ont atteint
un niveau intolerable pour nous, citoyens de la meme Union europeenne,
ou nous avons ete heureux d'accueillir l'Estonie et les autres pays baltes.
C'est d'autant plus vrai pour nous, Union des Russophones de France, que
ces pays sont russophones au sens que la langue russe fait partie de leur
patrimoine aux cotes et en plus de leur propre langue et culture et qu'ils
comptent aujourd'hui des minorites citoyennes de l'UE dont la langue maternelle
est le russe.
L'Union des russophones de France regrette d'autant plus ces divisions
heritees d'un passe douloureux pour toute l'Europe qui frappent si durement
la grande famille russophone. Plus generalement, ces retours lancinants
a des passees amers sont un frein au developpement futur de l'Europe dans
un monde ou ses traditions de tolerance ont un role primordial a jouer.
Elle appelle le gouvernement estonien a faire cesser immediatement les
brutalites policieres contre ses minorites, a liberer les jeunes arretes,
a mettre fin aux profanations de tombes de victimes du nazisme comme nous
en avons connues en France et a respecter les droits et convictions de
ses opposants, ce qui est le B.A ba de la democratie !
Citoyens de l'Union europeenne et d'un pays membre du Conseil de l'Europe,
nous exigeons que ces deux institutions appliquent a l'Estonie les memes
criteres de respect des droits de l'Homme qu'elles recommandent a juste
titre aux autres pays du monde.
Union des Russophones de France, 1 Mai 2007
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